La crise du logement n'est pas un phénomène nouveau, souvenons-nous de l'Abbé Pierre en 1954. Trouver un logement aujourd'hui n'est donc pas toujours chose aisée, loyers prohibitifs et faiblesse d'une offre adaptée à chacun favorisent une concurrence acharnée pour obtenir le précieux sésame. La colocation est donc une solution de plus en plus courante pour atténuer ces difficultés, notamment pour les étudiants et les jeunes travailleurs. Mais une fois le bail signé, que se passe-t-il avec vos allocations logement (APL) ?

APL & colocation

Pour rappel, l'APL (ou aide personnalisée au logement) est attribuée pour la résidence principale uniquement (8 mois d'habitation au cours de l'année) et sous conditions de ressources. C'est ainsi que bon nombre de ses destinataires sont des étudiants, donc ne bénéficiant que de peu de ressources. Elle s'élève généralement de 60 à 300€ par mois. Il semble donc tout à fait logique d'être en colocation et en même temps éligible aux APL. Mais ils existent nombre de choses à connaître et de situations différentes.

Les APL en colocation dans l'établissement d'une colocation non-officielle

Une colocation peut-être non officielle (vis-à-vis du bail) et s'apparenter à une forme de sous-location. Néanmoins, celle-ci peut tout à fait être acceptée par le propriétaire du logement qui peut de lui-même préférer n'avoir qu'un signataire, donc qu'une seule personne responsable, et non plusieurs. Mettez-vous à sa place : il peut ainsi n'avoir affaire qu'à un locataire plutôt que trois pour un même logement. Ainsi, en cas de défaut de paiement du loyer par exemple, les éventuelles difficultés se porteront également sur le locataire principal et non uniquement sur le propriétaire. Mais dans ce cas, les colocataires ne peuvent prétendre aux APL, puisque non signataires d'aucun bail ! En revanche, le locataire principal bénéficie lui d'APL plus importantes puisque locataire d'un logement entier. Il faut donc réfléchir à deux fois : la personne choisie comme signataire bénéficiera-t-elle des APL ? Et si oui, sera-t-elle celle qui en touchera le plus compte tenu de ses ressources financières ?

Les APL en colocation dans le cadre d'une colocation pré-existante

Dans le cas d'une colocation où vous arrivez seul dans une colocation pré-existante, ayez bien à l'esprit que le locataire principal ne vous doit rien, en l’occurrence il n'est nullement tenu de partager avec vous ces APL, y compris dans l'hypothèse où vous seriez tous deux éligibles aux allocations logement. Tout ceci est affaire de négociation informelle entre le locataire et le sous-locataire / colocataire.

Les APL en colocation dans l'établissement d'une colocation officielle

Mais une colocation peut-être officielle, entendez par là que chaque colocataire est co-signataire du bail de location. Il est donc tout à fait possible de demander des APL à votre CAF mais celles-ci seront moins élevées que si vous êtes seul dans votre logement, compte tenu du loyer et des frais divers partagés entre colocataires. L'APL tient également compte de la part de loyer versée par chaque locataire, celle-ci pouvant ne pas être strictement égale. Un exemple : vous louez un logement à un loyer de 700€ sans charges en tant qu'étudiant non boursier sans revenus, vos APL s'élèvent à 175€. Vos APL en colocation (à trois) s'élèveront à 91€. Il est donc plus avantageux que chacun puisse bénéficier des APL, la somme totale étant plus élevée.

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