Devant un déficit public gigantesque et croissant chaque jour à la vitesse d’un cheval au galop, la plupart des pays se voient obligés de réviser leur politique d’aide sociale. Ou alors d’augmenter les impôts. Et bien souvent les deux. La France n’est pas la seule touchée par ces coupes qui tranchent directement dans le budget des foyers les plus modestes. L’on peut se demander ce que nous réserve l’avenir.

La cadence européenne pour la baisse des aides

Il n’est pas réellement besoin de se demander si les aides sociales vont diminuer en France, mais plutôt à quel rythme vont-elles diminuer. C’est un effet économique qui crée une solution à courts termes sans réellement régler le problème de fond. Mais c’est pourtant bien l’option prise par tous les pays européens, pourtant loués pour leurs politiques sociales. Et dans la course aux baisses de budgets, la France se situe dans la moyenne des Etats membres, et semble devoir encore faire des efforts si elle souhaite tenir ses engagements de réduction du déficit public.

Parmi les champions des baisses en matière d’aides sociales, l’on retrouve l’Angleterre, l’Espagne et la Grèce.

Pour les allocations familiales

Dans la ligne de mire de la Cour des Comptes, les allocations familiales qui représentent une part importante des aides sociales versées en France. La Cour des Comptes préconise un accès plus drastique à ces allocations, donc une baisse conséquente du nombre d’allocataires. Elle précise que ces prestations ne devraient être réservées qu’aux foyers les plus fragiles. Ceci indique clairement une volonté de baisser le seuil d’accès aux aides (notamment en révisant le calcul du quotient familial), mais également de cesser de verser des prestations sans conditions de ressources.

En passant le taux de revalorisation un point en dessous de celui de l’inflation, l’Etat pourrait ainsi économiser 200 millions d’euros par an sur les prestations familiales. Alors que le coût de la vie continuerait d’augmenter normalement, pénalisant ainsi la classe moyenne et les ménages à la limite de la pauvreté.

Pour la santé

Tous les affiliés à une assurance maladie obligatoire (régime général ou régime des indépendants) ont pu constater par eux-mêmes les baisses de remboursements en matière de soins médicaux et de médicaments. Cette tendance ne va pas aller en s’améliorant ces prochaines années. En parallèle, pour palier cela, une nouvelle loi oblige les entreprises de plus de 20 salariés à se doter d’une mutuelle d’entreprise. Le service public cherche clairement à reporter ses charges sur les organismes privés en faisant payer les travailleurs.

Conclusion: quel avenir pour les aides sociales?

Alors oui, les aides sociales vont continuer de diminuer en France, tout comme l’âge de la retraite sera inexorablement reporté. Chaque foyer n’a plus d’autres choix que de se tourner vers des solutions privées de prévoyance.

Source :
Le Monde
L’Express

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